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LE PRP DANS L’ARTHROSE

  • secretariatdocteur4
  • 23 mars
  • 5 min de lecture

par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport

Rédacteur en chef de www.docdusport.com

 

Votre genou est douloureux. Votre médecin et les examens complémentaires ont confirmé une arthrose débutante. Une injection de plaquettes pourrait bien vous soulager ! Explications !

 

L’arthrose, c’est l’usure du cartilage. Ce tissu hautement spécialisé recouvre les os au niveau des articulations. Ces qualités de roulement et de glissement sont exceptionnelles et permettent une mobilité articulaire fluide et harmonieuse. Malheureusement, le temps qui passe et un excès de sollicitations mécaniques contribuent à sa dégradation insidieuse.

 

LE CARTILAGE S’USE ET NE SE REPARE PAS : C’EST L’ARTHROSE  

 

En effet, ses capacités de régénération sont très faibles et ses cellules ne se multiplient pas. Le revêtement parfaitement lisse devient peu à peu rugueux puis bosselé. Les douleurs apparaissent notamment à la course mais aussi à la marche prolongée, particulièrement sur le relief !




 

Les injections de plaquettes ou PRP contre l’arthrose

 

L’acronyme PRP signifie Plasma Riche en Plaquettes. Le radiologue vous fait une prise de sang, centrifuge et prélève la hauteur correspondant à vos plaquettes. Habituellement, ces petites cellules ont pour mission de s’agglutiner sur les plaies. Elles bouchent le trou, libèrent des facteurs de croissances et attirent les cellules souches. Tout se passe comme si vos plaquettes venaient combler les nids de poules de votre cartilage. Les facteurs de croissance stimulent cellules restantes afin qu’elles s’activent à produire plus de fibres et de gélatine constitutives du cartilage, on parle de substance fondamentale.

 

LES PLAQUETTES BOUCHENT LES IRREGULARITES, LIBERENT DES FACTEURS DE CROISSANCE ET ATTIRENT LES CELLULES SOUCHES

 

Ces molécules provoquent un reset inflammatoire, elles réinitient les processus harmonieux de cicatrisation et apaisent les processus de détersion excessifs. Les cellules souches savent tout faire, les séniors en possèdent encore, nichées dans leur moelle osseuse du bassin ou dans leur tissu adipeux et quelques-unes circulent dans leur sang. Arrivées sur le site, dans un climat mécanique et biologique de cartilage, elles ne tardent pas à devenir cellules de cartilage ou chondrocytes. L’ensemble de ces processus parvient souvent à soulager le senior actif. Une étude constate même que 50% des individus traités bénéficient d’un petit épaississement du cartilage sur l’IRM. Puisque le PRP booste la régénération du cartilage, vous comprenez qu’il fonctionne mieux quand il en reste un peu … en clair, il est inefficace dans les arthroses très avancées où ce tissu a complètement disparu !

 

PRPRP mieux que PRP

 

L’acronyme PRPRP signifie PRP et Réhabilitation Progressive ou mieux encore PRP et Reprise Personnalisée. Si l’impact biologique des plaquettes est incontestable, il ne doit pas être accompagné d’un abandon thérapeutique. Une prise en charge individualisée potentialise amplement ses bienfaits.

 

PRP PUIS RP COMME …

REHABILITATION PROGRESSIVE

REPRISE PERSONNALISEE

 

Le patient sportif doit bénéficier de conseils d’activité pour laisser agir le traitement puis guider la reconstruction cartilagineuse sans jamais déconditionner les muscles protecteurs ! Les protocoles sont nombreux et souvent discordants. Cet article vous présente l’un des plus cohérents fondé sur la biologie des plaquettes et du cartilage sans oublier l’impact délétère du désentraînement. Bref, sachez que les plaquettes vivent une dizaines de jours, période au cours de laquelle il ne faut pas trop impacter l’articulation comme vous évitez de tirailler une plaie qui vient d’être suturée. Au cours des deux semaines suivante le cal fibreux s’organise et devient jointif en deux ou trois semaines : une mécanisation douce peut commencer.

 

J0 J5 REPOS

J5 J10 PEDALAGE COOL

J10 J20 CARDIO SANS IMPACT

J20 J45 RANDO BATONS ET TROTTINE

 

A l’issue de ce délai, il est opportun de renouer avec l’activité spécifique … mais progressivement ! Voilà qui contribue à peaufiner l’organisation et l’adaptation du tissu qui se poursuivra pendant des mois.  Néanmoins, rappelez-vous que le meilleur programme est celui qui vous convient …  selon votre lésion, votre morphologie, vos capacités physiques, vos habitudes sportives … et pourquoi pas vos envies et la date de vos projets ! Tout est possible, tout est négociable pour le sportif de haut niveau … de motivation ! En pratique, après le PRP, il est recommandé de rester une quinzaine de minutes assis en salle d’attente puis de rentrer à domicile accompagné en voiture ou en transport mais avec des béquilles et un appui glissé. Au cours des 5 jours qui suivent, il faut marcher un minimum. Si possible, le télétravail est idéal. Un arrêt professionnel est également envisageable. De J5 à J10, la vie quotidienne reprend et il est possible de pédaler en salle ou de faire un peu de rameur tranquillement. De J10 à J20, on intensifie ces activités, on ajoute de l’elliptique, on fait du vélo à l’extérieur. A trois semaines de l’injection, les randonneurs ont la possibilité de retourner marcher en terrain varié bienveillant et avec un peu de relief … mais accompagné de bâtons ! Les runneurs ont la permission de trottiner progressivement, le genre 5 minutes en ajoutant 5 minutes par séance, à raison de 2 à 3 fois par semaine. Cette intégration de la course peut se faire au sein d’une balade active, avant ou après une sortie vélo ou sur tapis au sein d’une cession de cardiotraining. A 6 semaines du PRP, il est opportun revoir son médecin du sport afin d’ajuster le protocole et de retrouver plus de liberté sportive !

 

Des associations thérapeutiques pour faire mieux !

 

Si la reprise sportive bien dosée est incontournable pour bonifier le PRP, d’autres stratégies se révèlent pertinemment synergiques. Au cours de cette phase de réparation tissulaire, les compléments alimentaires semblent justifier. Ils agissent comme de la matière première ou comme un « effet signal stimulant » en indiquant aux cellules la présence de dégâts moléculaires. On pense bien sûr aux polypeptides de collagène, à la chondroitine, à la glucosamine et au silicium. D’autres sont plus spécifiques du PRP. Les algues Klamath sont connues pour favoriser la libération des cellules souches qui sont attirées par les plaquettes.

 

PEPTIDES DE COLLAGENE, CHONDROITINE, GLUCOSAMINE, SILICIUM COMPLETENT EFFICACEMENT LE PRP

 

La 5HT est un précurseur de la sérotonine. Cette dernière est le neuromédiateur de la « sérénité » mais elles booste également la production de collagène et la cicatrisation. Elle est d’ailleurs présente à haute concentration dans les plaquettes.  Les anti-inflammatoires, même sous forme de plantes, sont contre-indiqués car ils perturbent l’initiation des processus de cicatrisation qui commencent toujours par une inflammation modérée et bénéfique.  A quelques semaines du PRP, il est possible que le soulagement soit limité. Il existe incontestablement de bons et de mauvais répondeurs à ce traitement.

 

RENOUVELER ET ALTERNER PRP ET ACIDE HYALURONIQUE PERENISENT SOUVENT LE CONFORT ARTICULAIRE

 

 

Dans ce contexte, une injection d’acide hyaluronique peut succéder aux plaquettes. Les molécules contenues dans ce produit lubrifiant ressemblent à la synovie naturelle mais elles sont plus grosses et plus ramifiées. Elles roulent mieux, elles glissent mieux et amortissent mieux ! Un PRP peut être suivi d’un autre PRP. Une bonne réponse mais incomplète constitue l’indication idéale. D’ailleurs, les études initiales se faisaient en enchainant 3 injections. L’intérêt de ces protocoles naturels est l’absence de nocivité et la possibilité de les renouveler à la demande. Pourquoi pas une injection tous les 3 mois en alternant PRP et acide hyaluronique. Ce dernier est mécaniquement protecteur et révèle ses bienfaits sans attendre un processus de cicatrisation. De fait, il peut être proposé quelques jours avant un projet sportif ou une compétition.

 

 

 
 
 

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